samedi 14 août 2010

Happy Strawberry

Pour notre premier soir à Brisbane, on est allé se faire à bouffer à la camp kitchen du camping, un repas bien dégueulasse à base de pâtes et de soupe bizarre. Mais on y a rencontré un groupe de français (normal les français ne reste qu’entre français généralement, et on échappe pas trop à la règle) qui squattent là aussi. On a passé la soirée avec eux et on a appris qu’ils travaillaient un peu pour la fête foraine qui s’installe dans le coin. OK ça nous intéresse, on ira se renseigner auprès des forains dans le camping le lendemain soir.
Au réveil on glandouille pas mal, puis on s’active pour visiter Brisbane. On fait un bon tour à pied en passant par la City, Southbank grouillant de monde autour des lagons artificiels en ce dimanche, puis Chinatown (tout petit) et Fortitude Valley. Et finalement Brisbane ça a l’air plutôt vivant, en ce dimanche bien ensoleillé, y’avait pas mal de monde partout et pleins de trucs ouverts.
En rentrant Rach va se renseigner chez Sam, une foraine, qui apparemment peut filer du boulot. Ah bon ben c’est trop tard, c’est l’heure de la bière maintenant, on doit revenir le lendemain.
Ok 9H, on est prêt, on y va : Ah ok pas de boulot aujourd’hui, la fête commence jeudi, revenez demain on verra ce qu’on peut faire.

Bon on va pas rester à glander non plus, et donc pour s’occuper on va voir Boetard, Julien de son prénom, un bon pote rencontré à Perth (je sais plus si j’en ai déjà parlé, en tout cas il a un super string Borat avec lequel t’es sur de passer une bonne soirée) et qui habite désormais à Brisbane à la recherche permanente de taf. Voila on a discutaillé, on a visité sa petite coloc et on s’est baladé un peu en ville. Il a pas trop changé lui, toujours aussi crevard et toujours râleur :) Au final on l’a lifté à la bibliothèque et on est rentré, pour s’apercevoir qu’on avait 2 nouvelles voisines (un peu âgées vous emballez pas), qu’on a pris pour des gouinasses au début, avant d’apprendre que c’était des sœurs… En bon gentleman on les a aidé à déplier leur caravane pliante parce qu’elles galéraient

Lendemain matin, retour chez Sam, nan pas de boulot aujourd’hui, revenez demain matin, tout ça, donc on rentre brecouille encore. Et la qui que v’la, les voisines qui viennent pour nous proposer de travailler un peu l’aprem vu qu’elles ont elles aussi un stand de bijoux à la fête. Elles nous offrent $75 chacun pour 3h de boulot, pouah c’est accepté direct, $25/h on va pas en retrouver tous les jours comme ça.
Hop midi elles nous appellent, on se pointe la bas pour travailler 3h comme annoncé, a poser un peu de lino sur le sol, accrocher des cadres au mur, monter quelques bricoles, on fait pas mal de pause, on se fait payer un Coke, bref tranquillou. Le soir elles nous lachent $150 en tout comme prévu, ça c’est une journée bien rentabilisée. En plus elles nous reproposent 2h de boulot le lendemain, on sait pas trop encore, on verra au matin.

Au réveil retour encore chez Sam, bon la c’est ok, revenez à 10h et on c’est parti. A 10h on embarque, on se retrouve a la fête foraine, c’est un truc bien immense, y’en a partout mais c’est vraiment tout pourri. Déjà les visiteurs doivent payer l’entrée $24 et après tout est payant et c’est que des stands à la con genre foire de Paris avec quelques attractions.
Bref nous on débarque sur le stand qui nous concerne, c’est à dire “Berry Delicious”, où on entre dans le business de la fraise. On y retrouve les français qu’on connait, quelques allemands et les quelques forains qui bossent la aussi.
Comme c’est le premier jour, la fête a pas commencé, c’est du nettoyage et de l’installation au début, on range, on bouge des caisses, on frotte… et direct ça sent l’organisation à l’arrache :  on est beaucoup trop la pour ce qu’il y a à faire. Plein de monde les bras croisés à regarder, ça gueule dans tous les sens parce que ça glande, ça donne des ordres contradictoires, bref c’est un beau merdier !
Puis vient la livraison des fraises et on se retrouve tous à trier les fraises, les grosses, les moches puis à les couper en deux pendant quelques heures. En fin de journée c’est la distribution des uniformes, mais finalement c’est tellement le merdier et ils ont tout perdu, ils nous renvoient chez nous, ça sera pour le matin. Rach me casse les couilles parce qu’il veut plus y retourner le lendemain, alors qu’il me cassait les couilles tous les jours avant alors que moi j’étais pas super chaud pour bosser ! Mais maintenant c’est trop tard, on est lancé, on devient des forains jusqu’au bout et on y retourne !

Lendemain, RDV la bas à 8h30, pfiou ça faisait un bail qu’on s’était pas activé tôt le matin pour aller bosser ! Ca m’avait pas manqué !
Là y’a l’air d’avoir un semblant d’organisation et on reçoit tous nos uniformes : un polo noir, un pantalon noir, une casquette, un tablier et un badge. Ca va c’est pas trop la loose, a part pour la casquette taille unique, quand t’a une touffe comme moi ça fait moyen mais on s’en branle. Hop répartition dans les stand, ça va on se retrouve avec une bonne team, et Liz, une foraine semi-abo qui fait que de m’appeler “Tally”, est notre cheftaine. Bon par contre on se retrouve à 8 alors que sur les autres stands ils sont pas plus de 4, va savoir.
Et la, 10h, début de la journée de boulot, 1ere cliente, et ça devient festival pour toute la journée, jamais vu ça de ma vie !!
Déjà cette fameuse 1ere cliente c’est une petite gamine qui doit avoir 12 ans, toute seule, qui veut une glace avec des fraises à $5, mais bon on est même pas briefés donc on sait pas ce que c’est. Et on se retrouve comme 8 débiles à la regarder sans trop savoir quoi faire. “Liz, on fait quoi ?”. Ben elle en a aucune idée, elle est complètement paumée, apparemment elle en sait autant que nous ! Et du coup elle se met à servir une vielle boule de glace vanille qui se casse la gueule avec un petit bout de fraise posé dessus, bim $5 dans tes dents. A chaque fois que j’y repense maintenant elle me fait trop de la peine cette petite qui s’est fait carotte sévère… Et la à peine partie, hop 2ème client, un vieux avec son fils autiste qui bouge d’avant en arrière… Et lui il veut une coupe de fraises avec une boule de glace dessus, ok ça c’est facile, sauf que ça coûte $7, qu’il file un billet de 20 et que la caisse est bien sur totalement vide, donc pas de monnaie ! Eh ouais, l’orga c’est toujours pas ça ! Donc le mec doit poiroter 15min pour récupérer son blé avec son fils qui commence a faire une crise. Entre temps, d’autres client se pointent, passent des commandes, la cheftaine est partie chercher de la monnaie, et personne sait ce qu’il faut faire parce qu’on sait pas faire les trucs du menu ! Et la tu commence à halluciner, tu te dis mais c’est quoi ce truc de ouf dans lequel on est tombé !
Heureusement pour nous, Ben, un italo-anglais, prends un peu les choses en main. Il va se renseigner sur les autres stands, puis en revenant commence à dispatcher les gens et donner des tâches. Putain c’est un bon ce Ben. Je me retrouve à dipper les grosses fraises dans le chocolat fondu (mais pas tout-a-fais fondu parce que personne l’avait mis à fondre) puis a les mettre au frigo. Et je fais aussi les brochettes avec 3 fraises et 3 marshmallow qu’il faut arroser de chocolat fondu et mettre au frigo. Bref je deviens le chef du “chocolate dip & skewers” du stand, et ça c’est pas donné à tout le monde ! Un peu plus tard des gens un peu compétents se pointent et nous expliquent comment tout faire sur le menu. Et puis après d’autres viennent te dire que c’est pas comme ça en fait et que donc tu fais de la merde ! Au bout d’un moment t’en a un peu plein le cul.
Mais bon moi j’ai trouvé ma planque au dips, parce que le service c’est relou, les mecs ils te demandent tous des glaces qu’il faut trois plombes pour les faire et que les seules que j’ai faites elles se sont cassés la gueule quand je les ai tendus aux clients. Du coup je fais tous les trucs de planqués. Et puis une bonne ambiance s’est installée, on a commencé a se marrer pas mal, principalement en français. Et puis Sam est arrivée. Et comme on s’est un peu foutu de sa gueule, je me suis retrouvé puni avec Rach, on a du attendre à coté du stand sans rien faire pendant 1 heure, sans parler (sans être payé bien sur). J’avais pas vécu ça depuis la primaire quoi ! Et après avoir repris brievement, on nous a dit que notre journée était terminée, un peu avant 16h je crois.

Le lendemain on est convoqué à 10h, et on se retrouve tout de suite au splitage de fraises. Bon ça va c’est un peu planqué, pas trop d’agitation. A 11h on est rejoint par 3 filles, censées travailler à 9h mais qui n’ont eu quelquechose à faire qu’à 11h (le truc qui met bien les nerfs quoi). Et à 12h elle ses sont faites virées toutes les 2, on a jamais trop bien compris pourquoi…
Nous on a été envoyé sur un autre stand qui s’est révélé être assez calme et bien bien détendu, ça chante, ça rigole. Dans l’aprem, 2 collègues passent par notre stand et nous disent qu’ils sont virés aussi, sans trop savoir pourquoi, ça devient assez étrange. Nous on finit tranquillement à 18h et on doit revenir à 10h, c’est encore bon. Apparement les virés sont pas vraiment virés, la Sam elles a un peu des problèmes mentaux, mais certains ne veulent plus revenir.
Donc c’est reparti pour une journée, mais la c’est Samedi, va y avoir du monde. Et ça commence par un licenciement, encore. Faudrait voir à arrêter maintenant, le boulot il va pas se faire tout seul !
Bon el la j’ai vécu la journée la plus speed de ma vie. La fête c’est blindax, faut bosser non stop, des files a rallonge qui attendent leur fraise. Les fraises dippées partent plus vite que ce que je peux produire, ça manque de tout, j’ai pas le temps d’aller pisser, les vieilles se plaignent que leur boule de glace est creuse, bref on commence a plus être assez. Déjà vers 14h j’en plus, mon cerveau s’est mis en veille, et je suis pas le seul. Ca à été le bordel jusqu’a 17h, puis la on a été muté avec Rach, on se retrouve a faire les mousses en cuisine. “Eh Rach tu sais faire les mousses toi ?” - “Ouais t’inquiète j’ai vu faire”. On a donc attaqué par la mousses au chocolat et la on a repeind toute la pièce en lançant le batteur, j’en avait plein la gueule, j’ai pourri mon uniforme. La chef vient voir, nous dit que c’est normal et repart, la gueule et l’uniforme repeins par du chocolat. Et la j’ai craqué nerveusement, surement la fatigue de toute la journée, j’ai commencé a pleuré de rire pendant un long moment, et ça s’est pas arrangé quand on a commencé a servir les mousses dans les verres, que c’était tout foireux, dégueulasse, avec une forme de merde (littéralement). Bon après on nous a dit qu’on avait mis trop d’eau. On a quand même fini la fournée, y’a bien des pigeons qui vont acheter ça $6 demain. Ensuite on a réussi a faire une fournée correcte, ça éclaboussait vachement moins et ça ressemblait à quelque chose, tout en restant dégueulasse.
Ensuite on a attaqué la mousse à la fraise, comme on est des experts maintenant elle est bien faite directe (mais dégueulasse, mais ça c’est normal en fait). Sam la big boss se pointe, déjà bien arrachée au Whisky et paye ses bière, alors qu’on est toujours en train de bosser, puis elle nous faire mettre la musique à fond, on s’entend plus. Et comme il n’est que 20h00, elle nous demande de faire encore des mousses fraises, puis de refaire du chocolat aussi. Ah putain on est pas rentrés ! On a finit tranquillement à 22h, complètement décalqués par la journée. On a enquillés avec une petite cuite au camping avec les autres français qui nous avaient préparé a bouffé parce que c’était notre dernier jour.
Ah oui mais ça Sam ne le savait pas le lendemain quand on est allé la voir pour se faire payer : Eh ouais Rach avait fait son petit malin, et avait dit qu’on pouvait travailler jusqu’au dimanche, 18h45, parce qu’après on allait chercher quelqu’un à l’aéroport. Sauf qu’on a dit à tout le monde, sauf à elle qu’on arrêterait le samedi soir. Et ça elle a pas trop apprécié et donc elle nous fais poireauter un peu en nous disant qu’elle ne nous payerai que le lendemain. Bon ben on repart brecouille, et on dépense l’argent qu’on a pas eu en achetant chaises et couverts pour Caloux et Tom. Ensuite on s’est attaqué au rangement/lavage du van, au camping puisque finalement on a décidé d’y rester, ça cassait un peu les couilles de se déplacer dans un backpack en centre-ville comme prévu.

En fin de journée on est allé à l’aéroport attendre Calou, pendant environ 1 bonne heure, c’est très long quand t’es bien claqué ! Au début t’es collé à la barrière, tu regarde toute les têtes qui passent. Au bout d’un moment tu t’éloigne un peu, en gardant le yeux sur la porte pour voir qui en sort. Ensuite tu te dit que y’a au moins 2 avions entier qui sont sortis, donc tu va t’assoir sur les banquette un peu plus loin, en surveillant rapidement la porte. Puis au final tu t’endors a moitié sur ton fauteuil et c’est Calou qu’est venue nous trouver. On a pu rentrer se poser et manger un morceau en attendant l’heure de repartir pour Poul. Bon cette fois-ci on se fait pas avoir, on y va a la cool et en gros on part a l’heure ou il est censé atterrir, c’est à dire 0h30. La on s’est directement posé dans les fauteuil pour voir sa tronche arriver. Nous voila au complet, on peut rentrer s’enfiler quelques goon et échanger les dernières nouveautés.

2 commentaires:

  1. alors tout se passe bien à 4?
    poulitou chauffe de l'australienne?

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  2. Ouais tout se passe bien, poul est chaud comme la braise :p

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